Section III : Les stratégies régionales
1. Introduction aux stratégies régionales
Le niveau d'intensité du paludisme varie de façon significative à travers le monde, en fonction des vecteurs qui le transmettent et des espèces responsables la maladie. La stratégie globale elle doit être applicable dans différents contextes pour être pertinente pour l'ensemble des pays du monde. L'objectif des chapitres sur les stratégies régionales est de traduire la stratégie globale en approche spécifique à chaque région pour contrôler et éliminer du paludisme, en tenant compte les différences entre les régions.
La Figure III.1 montre que les pays endémiques ont été groupés en quatre régions : Afrique, Amériques, Asie-Pacifique, et Moyen-Orient et Eurasie, à des fins de clarification. Bien entendu, à l'intérieur d'une même région, les pays peuvent différer les uns des autres de manière importante et devront adapter leurs stratégies de contrôle du paludisme au-delà des recommandations présentées dans cette section.
Figure III.1 : Pays endémiques divisés en quatre régions
Ces régions diffèrent de bien des façons : la taille des populations à risque, le fardeau de la maladie en termes de cas et de décès, la relative mixité des espèces en cause et le niveau de financement disponible pour combattre la maladie. L'Afrique se distingue par le fait que presque 100% des cas sont causés par P. falciparum, par un nombre élevé de cas et de décès par rapport à la population à risque et par le niveau de soutien extérieur le plus élevé et de dépenses publiques le plus faible, de toutes les régions réunies. Les Amériques et le Moyen-Orient et l'Eurasie sont dominés par P. vivax, ont très peu de cas et de décès et un niveau élevé de dépenses publiques pour lutter contre le paludisme. L'Asie-Pacifique se trouve entre l'Afrique et les deux autres régions. Elle a la plus grande population à risque, des infections mixtes à P. vivax et P. falciparum, un nombre modéré de cas et de décès et les deux tiers du financement de la lute contre le paludisme proviennent des gouvernements. Ces différences jouent un rôle important dans la détermination de la stratégie à mettre en œuvre dans chaque région.
Trente-cinq pays sont responsables de 98% des cas mondiaux de paludisme. Ils contribuent également à environ 96% du nombre total de cas de paludisme. Pour atteindre les objectifs fixés pour 2010 et 2015, l'aide à ces pays est essentiel :
- 30 pays en Afrique : Nigeria, République démocratique du Congo, Ouganda, Éthiopie, Tanzanie, Soudan, Niger, Kenya, Burkina Faso, Ghana, Mali, Cameroun, Angola, Côte d'Ivoire, Mozambique, Tchad, Guinée, Zambie, Malawi, Bénin, Sénégal, Sierra Leone, Burundi, Togo, Liberia, Rwanda, Congo, République centrafricaine, Somalie et Guinée-Bissau
- 5 pays en Asie-Pacifique : Inde, Birmanie, Bangladesh, Indonésie et Papouasie-Nouvelle-Guinée
Cependant, tous les pays sont importants dans la lutte mondiale contre le paludisme. Les chapitres consacrés aux régions traitent des besoins de tous les pays endémiques dans chaque région et pas uniquement des pays contribuant fortement aux décès mondiaux. Le Tableau III.1 résume les dépenses actuelles et les financements nécessaires par région pour répondre aux besoins de tous les pays. Dans la mesure où le fardeau diminue avec le temps, la distinction entre pays à fardeau élevé et faible deviendra de moins en moins importante et la coopération régionale et mondiale, afin de maintenir le contrôle, deviendra de plus en plus cruciale.
Tableau III.1 : Dépenses actuelles et financement requis par région
| Coût (millions de US$) | Dépenses | Estimation du financement requis | |||
| 2007 | DEFICIT | 2009 | 2010 | 2011 - 20 avg | |
| Afrique | 622 | 1,577 | 2,199 | 2,686 | 2,291 |
| Amériques | 178 | 49 | 227 | 261 | 224 |
| Asie-Pacifique | 217 | 2,504 | 2,721 | 3,008 | 2,467 |
| Moyen-Orient et Eurasie | 92 | 96 | 188 | 226 | 147 |
| Coûts totaux du contrôle et de l'élimination | 1,109 | 4,226 | 5,335 | 6,180 | 5,129 |
Remarque : les estimations de 2007 comprennent les dépenses des gouvernements et des bailleurs de fonds internationaux. Elles ne comprennent pas les dépenses des ménages.
Source(s) : GMAP costing model, OMS, le Fonds mondial, la Banque mondiale et l'Initiative du Président américain contre le paludisme (PMI)
Chaque chapitre suit un plan similaire. La première section Présentation du paludisme dans la région, est consacrée à l'épidémiologie et au fardeau du paludisme et passe en revue les réponses actuelles au problème du paludisme (politiques, nombre d'interventions fournies, etc.) La seconde section Approche régionale recommandée pour contrôler et éliminer le paludisme, traduit les objectifs de RBM en objectifs régionaux concrets, estime le nombre d'interventions nécessaires, expose les difficultés spécifiques à la région, précise les priorités stratégiques pour la région et le type de soutien nécessaire pour réaliser cette stratégie. Enfin, chaque chapitre conclut en proposant une estimation du financement requis pour la stratégie régionale.










