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[Résumé]

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[Section II : La stratégie mondiale] PDF version

  1. Introduction à la stratégie mondiale
  2. Contrôle : vaincre le paludisme
    1. Intensifier les interventions pour un impact réel : atteindre la couverture universelle
    2. Contrôle durable : maintenir la couverture et l'utilisation
  3. Elimination et éradication : atteindre la transmission zéro
  4. Agenda de la recherche sur le paludisme
    1. Recherche et développement de nouveaux d'outils et d'outils plus performants
    2. Recherche visant à orienter les politiques
    3. Recherche opérationnelle et sur la mise en oeuvre
  5. Coûts et bénéfices de l'investissement dans le contrôle du paludisme, l'élimination et la recherche et développement

Section II : La stratégie mondiale

2. Contrôle : vaincre le paludisme

5. Coûts et bénéfices de l'investissement dans le contrôle du paludisme, l'élimination et la recherche et développement

Messages clés

  • Le coût total de la stratégie mondiale (y compris la mise en œuvre dans les pays et les coûts de R&D) est estimé à une moyenne de 5,9 milliards de $US par an de 2011 à 2020.
    • La mise en œuvre dans les pays coûtera environ 5,3 milliards de $US en 2009, 6,2 milliards en 2010 et en moyenne 5,1 milliards de $US par an de 2011 à 2020.
    • La R&D coûtera environ 750 à 900 millions de $US par an jusqu'en 2018 pour développer de nouveaux outils (lutte antivectorielle, médicaments, vaccins et techniques de diagnostic).
  • La Stratégie mondiale nécessite un engagement à long terme : un financement pérenne est essentiel à la fois pour la mise en œuvre dans les pays et pour la R&D afin d'empêcher une réémergence du paludisme.
  • Cependant, l'investissement en vaut la peine.
    • Le contrôle du paludisme est rentable, sauvant davantage de vies par dollar dépensé que pour la plupart des autres maladies.
    • L'investissement dans la R&D aujourd'hui dans des interventions innovantes et plus performantes peut aider les pays à éliminer le paludisme plus rapidement et à réduire les besoins de dépenses de R&D sur le long terme.

L'investissement dans la mise en œuvre dans les pays et dans la R&D sauve des vies aujourd'hui et prévient des décès futurs. Il est extrêmement rentable et a pour résultat des coûts de traitement moindres, des besoins en investissement dans la R&D moindres et des bénéfices économiques dans le futur. Cette section décrit :

Ces estimations sont basées sur les meilleures données actuellement disponibles sur les coûts et les bénéfices mais elles seront régulièrement réévaluées dans le cadre des activités du Partenariat RBM.

Coût de la mise en œuvre dans les pays des stratégies de contrôle et d'élimination du paludisme

Nous avons estimé les coûts totaux de mise en œuvre de l'intensification, du contrôle durable et de l'élimination du paludisme pour l'ensemble des 109 pays impaludés. Développé en consultation avec des experts du Groupe de travail sur les ressources de RBM et de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, ainsi que d'experts de nombreuses autres institutions, le modèle de coût et les estimations utilisent les données les plus récentes et les meilleures approches disponibles actuellement.

Les estimations préliminaires[108]Toutes les estimations sont nominales et basées sur des dollars 2008. Pour des projections basées sur les taux d'inflation prévus, se référer à l'Annexe 3 : Hypothèses utilisées pour estimer le fardeau, la couverture et les financements actuels.

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, représentées dans la Figure II.14 ci-dessous, indiquent que :

Figure II.14 : Coût global pour le contrôle et l'élimination du paludisme

Coût global pour le contrôle et l'élimination du paludisme

Source : GMAP costing model

Les coûts de mise en œuvre comprennent les coûts des programmes de prévention, traitement et contrôle. Les estimations représentent les coûts totaux des outils de prévention (MILD, PID et TPIp)[109]Bien qu'ils soient importants, les coûts de gestion de l'environnement n'ont pas été inclus en raison du manque d'informations. et des interventions curatives (médicaments antipaludiques, diagnostics et prise en charge des cas sévères), aussi bien que les coûts du programme de contrôle du paludisme, pour l'ensemble des 109 pays endémiques. Les coûts totaux représentent les coûts des interventions plus la distribution, le stockage et les autres coûts de distribution sur la base de sources publiées ou selon des experts. Cf. Annexe 4 : Hypothèses utilisées pour estimer le coût de la mise en œuvre dans les pays pour plus d'informations sur les hypothèses utilisées pour estimer les coûts. Cf. Section I – Chapitre 4 : Financement de la lutte antipaludique aujourd'hui pour plus d'informations sur le financement actuel provenant de sources nationales et internationales.

Coût de la prévention : MILD, PID et TPIp. Les coûts les plus importants dans le contrôle du paludisme sont ceux liés aux interventions préventives. En effet, la prévention devra être maintenue pour prévenir la réémergence du paludisme dans de nombreuses zones alors même que le fardeau diminue. Les coûts de prévention tournent autour de 70% des coûts totaux au fil du temps, augmentant un peu lorsque les pays entrent en phase de contrôle durable après la phase d'intensification.

Couvrir 3,3 milliards de personnes à risque dans le monde grâce à des interventions préventives adaptées coûtera environ 3,7 milliards de $US en 2009 et 3,9 milliards en 2010 (Cf. Figure II.15). La PID représente 55%, les MILD presque 45% et le TPIp moins de 1% des coûts de prévention totaux. (Cf. Section II – Chapitre 2 : Contrôle : vaincre le paludisme pour des recommandations sur la couverture). De 2011 à 2020, les coûts de prévention seront en moyenne de 3,6 milliards de $US par an en raison de la nécessité de maintenir le contrôle et de l'accroissement des populations.

Vaccins. Les projections et graphes ne prennent pas en considération les nouvelles interventions dont les vaccins. Les hypothèses préliminaires montrent qu'un lancement en 2013 et une intensification sur 2 ans d'un vaccin partiellement efficace qui couvrirait 80% des enfants de moins de 1 an en Afrique coûterait environ 533 millions de $US de plus par an.

Figure II.15 : Coûts des interventions préventives

Coûts des interventions préventives

Source : GMAP costing model

Coût de la prise en charge des cas : TDR, ACT, chloroquine, primaquine et prise en charge des cas sévères. Les coûts de prise en charge des cas, qui comprennent les ACT (pour P. falciparum), les TDR, la chloroquine et la primaquine (pour P. vivax) et la prise en charge des cas sévères représentent environ 20% des coûts totaux au cours de l'intensification initiale et des premiers temps de la phase de contrôle durable (Cf. Figure II.16). Les TDR représentent la majeure partie des coûts du fait de l'hypothèse selon laquelle la moitié des fièvres suspectées d'être un paludisme sont diagnostiquées en utilisant un TDR (l'autre moitié est censée être diagnostiquée par la microscopie). Après avoir atteint un pic de coût de 1,4 milliard de $US en 2011, les coûts des traitements diminueront significativement (jusqu'à moins de 10% des coûts totaux) en raison de l'impact des interventions préventives sur l'incidence après la phase d'intensification, au cours de la période de contrôle durable. Pendant la période d'élimination, le traitement ne représentera plus qu'environ 1% des coûts totaux.

Alors qu'en réalité les traitements sont souvent utilisés de façon excessive, l'estimation de base utilise une approche idéaliste, supposant des moyens diagnostiques répandus et le traitement des cas confirmés (plus 25% pour prendre en compte un certain degré de traitement excessif). Cependant, une analyse de sensibilité menée en Afrique a montré une utilisation des TDR inférieure de 75% par rapport au scénario « idéal » et le traitement de tous les cas de fièvre. Dans ce cas, les coûts totaux de prise en charge sont plus élevés d'environ 40%. Ceci représente un argument de poids pour intensifier l'utilisation des diagnostics, à condition que les patients ne demandent pas de traitement antipaludique quel que soit le diagnostic.

Figure II.16 : Coûts de prise en charge des cas

Coûts de prise en charge des cas

Source : GMAP costing mode

Coût des programmes de contrôle du paludisme : S&E, recherche opérationnelle, formation, ressources humaines et infrastructure. Les coûts de programmes sont des coûts nationaux qui comprennent la recherche opérationnelle au niveau local, le suivi et évaluation, l'infrastructure sanitaire, la formation et les agents de santé communautaire, en utilisant des estimations spécifiques par pays et une méthodologie décrite par Kiszewski et Johns et coll.[110]Kiszewski A, Johns B, et al. Estimation des ressources nécessaires au niveau mondial pour atteindre les objectifs internationaux en matière de lutte contre le paludisme. Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé, 2007, 85:623-630.

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(Cf. Figure II.17). Ces estimations ne comprennent pas les coûts globaux comme la R&D, la recherche opérationnelle ou le suivi et évaluation (S&E) au niveau international.[111]Le modèle utilise les estimations nationales lorsqu'elles sont disponibles pour les coûts, les interventions cibles et la couverture, etc. et des hypothèses mondiales ou régionales lorsque des informations spécifiques aux pays ne sont pas disponibles. Les coûts nationaux augmentent au taux auquel la population du pays en question est censée augmenter de 2005 à 2050. En dehors de cette correction annuelle, aucun changement n'a été effectué pour refléter les ajustements de devises dans le calcul de base. Pour des estimations basées sur les taux d'inflation prévus, Cf. Annexe 3 : Hypothèses utilisées pour estimer le fardeau, la couverture et les financements actuels.

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Les composantes spécifiques de chacune des quatre catégories de coûts sont détaillées dans l'Annexe 4 : Hypothèses utilisées pour estimer le coût de la mise en œuvre dans les pays.

Les coûts des programmes correspondent initialement à environ 14 à 19% des coûts annuels totaux et représentent un pourcentage relatif plus important à mesure que les coûts de traitement et d'interventions préventives diminuent. Pendant la phase d'élimination, les coûts des programmes, en dehors de la surveillance, sont légèrement plus faibles que durant le contrôle durable, puisque le contrôle du paludisme est intégré dans des programmes de contrôle plus larges, ciblant plusieurs maladies. Bien que des réductions de l'incidence puissent suggérer des coûts encore plus faibles, une vigilance et une surveillance intensive nécessitent un investissement continu.

Figure II.17 : Coûts des programmes de contrôle du paludisme

Coûts des programmes de contrôle du paludisme

Source : GMAP costing mode

Lorsque l'on estime les coûts de distribution et des programmes contre le paludisme, il subsiste un risque de surestimer les coûts partagés de distribution et/ou les coûts des systèmes de santé qui pourraient être attribués à de nombreuses maladies. Bien que nous ayons pris soin de minimiser les chevauchements en validant avec des experts et en recoupant les informations avec de nombreuses sources, un certain degré de duplication pourrait encore exister en raison de la difficulté de différencier les coûts spécifiques au paludisme, en particulier dans des environnements pauvres en ressources et sur l'ensemble des 109 pays. Ceci souligne la nécessité de mieux comprendre les (et de tirer partie des) synergies des coûts des programmes de lutte antipaludique avec des programmes de lutte contre d'autres maladies.

Différences de coût par phase. Les coûts annuels diminuent à mesure que les pays progressent de la phase d'intensification à celle de contrôle durable puis à l'élimination du paludisme. Les estimations sont basées sur différentes hypothèses et durées pour chaque phase (détaillées dans l'Annexe 4 : Hypothèses utilisées pour estimer le coût de la mise en œuvre dans les pays). Entre 2009 et 2011, les premières années seront les plus chères car la plupart des pays sont dans la phase d'intensification de la lutte antipaludique. Cette phase nécessite des investissements significatifs sur tous les types d'intervention. Cependant, la duré limitée de cette phase en fait l'une des moins chères comparée aux autres.

Les coûts annuels commencent à diminuer à mesure que les pays se concentrent sur le maintien du contrôle dans la durée, puisque l'utilisation des mesures préventives réduit la quantité de traitement nécessaire. Cependant, tandis que les coûts de traitement diminuent, des dépenses significatives restent nécessaires pour maintenir la couverture préventive. Ainsi, la phase de contrôle durable devrait coûter en moyenne 5,1 milliards de $US par an de 2011 à 2020. Les pays devraient rester en phase de contrôle durable entre 5 et 20 ans, en fonction des niveaux de transmission à l'état naturel.

Lors de la phase d'élimination, les coûts annuels, encore significatifs, devraient continuer à diminuer. Selon les pays, tous les coûts varieront en fonction du niveau de transmission naturel. Pendant les périodes où de plus en plus de pays devraient entrer dans des campagnes d'élimination, les estimations préliminaires montrent que les coûts devraient atteindre en moyenne 3,3 milliards de $US par an de 2021 à 2030, 1,5 milliard par an de 2031 à 2040 et 550 millions par an de 2041 à 2050. Il est bien entendu possible que l'élimination s'étende au-delà de 2050, ce qui augmentera encore les coûts.

Afin d'examiner de plus près le coût relatif par phase, un des pays présentant une population à risque (PAR) plus faible, qui est actuellement en phase d'intensification, a été analysé pour déterminer les coûts spécifiques moyens par phase. Les coûts relatifs sont détaillés dans la Figure II.18. L'évaluation des pays à PAR plus élevée montre une diminution des coûts annuels relatifs légèrement plus lente pour chaque phase, ce qui signifie que le programme, dans son ensemble, coûterait davantage.

Figure II.18 : Diminution moyenne des coûts annuels par phase

Diminution moyenne des coûts annuels par phase

Note : les diminutions détaillées sont relatives. En réalité, la diminution des coûts est progressive.
Source : GMAP costing model

Les coûts varient de façon significative selon les régions. Les régions qui présentent une incidence élevée et des populations à risque de grande taille, telles que l'Afrique et l'Asie-Pacifique, représentent la partie la plus importante des coûts globaux pendant toute la durée du programme (Cf. Figure II.19). Entre 2009 et 2010, environ 43% des coûts annuels vont à l'Afrique et 50% à l'Asie-Pacifique. Les autres régions, qui comprennent principalement des pays en phase d'élimination et en phase tardive de contrôle durable, ont des coûts de lutte antipaludique significativement plus faibles. De 2011 à 2020, les coûts annuels approximatifs moyens du contrôle par région sont les suivants : Afrique : 2,3 milliards de $US, Asie-Pacifique : 2,5 milliards, Amériques : 225 millions et Moyen-Orient et Eurasie : 120 millions. Cf. Section III : Les stratégies régionales pour plus d'informations sur les financements nationaux et internationaux disponibles pour chaque région.

Figure II.19 : Coûts annuels par région

Coûts annuels par région

Source : GMAP costing mode

Coût de recherche et développement

Sur la base d'estimations préliminaires détaillées dans la Figure II.20, la R&D de nouveaux outils coûtera environ 750 à 900 millions de $US par an jusqu'en 2018. Ceci représente un investissement cumulatif total de plus de 8,9 milliards de $US jusqu'en 2018. Des investissements significatifs doivent être effectués dans les médicaments, les vaccins, la lutte antivectorielle et les diagnostics au cours des années qui viennent, pour atteindre le but à court terme de contrôle du paludisme et se préparer pour l'élimination et l'éradication sur le long terme. De ces 8,9 milliards de $US, environ 1,2 milliard sera consacré à la lutte antivectorielle, 3,5 milliards aux médicaments, 2,6 milliards aux vaccins et 140 millions aux diagnostics. En plus du coût direct des interventions, environ 1,5 milliard de $US est nécessaire pour la recherche en amont et les informations nécessaires à l'évaluation de l'efficacité et de l'impact des nouveaux outils.

Figure II.20 : Coûts de la R&D pour le paludisme

Coûts de la R&D pour le paludisme

Source : GMAP costing mode

Ces coûts, bien qu'ils soient élevés, mèneront à l'introduction de nouveaux outils majeurs. Les coûts de R&D sont basés sur notre mode de pensée actuel en ce qui concerne les classes générales d'outils thérapeutiques et préventifs nécessaires pour obtenir une éradication au niveau mondial. Ces outils ont été détaillés dans la section sur la R&D mais des estimations prescriptives sont nécessaires pour modéliser les projections de coûts de R&D.

Vaccins. Sur la base d'un engagement constant sur la R&D, le monde disposera de quatre vaccins différents d'ici 2028. Deux vaccins dirigés contre P. falciparum seront développés, cependant, le second vaccin sera plus efficace que le premier. De plus, un vaccin contre P. vivax sera développé. Un autre vaccin efficace à la fois contre P. vivax et P. falciparum et/ou capable de bloquer la transmission et/ou à utiliser chez les femmes enceintes est attendu.

Médicaments préventifs et thérapeutiques. D'ici 2018, deux médicaments spécifiques pour le TPI seront mis sur le marché et quatre différents types de médicaments thérapeutiques seront développés : une ACT de nouvelle génération pour P. falciparum, une combinaison qui cible P. vivax au stade hépatique, et deux médicaments qui bloquent séparément la transmission de P. falciparum et P. vivax. Les médicaments bloquant la transmission pourraient aussi être utilisés pour traiter la maladie au stade sanguin. Après le lancement de ces produits, on estime que deux nouvelles combinaisons de médicaments thérapeutiques et un nouveau traitement préventif seront créés tous les 10 ans afin d'éviter l'accumulation de résistance. De plus, de nouvelles formulations de médicaments seront créées pour les femmes enceintes, les enfants et les nourrissons et des modes d'administration différents seront élaborés pour traiter les cas de paludisme sévère.

Lutte antivectorielle. Pour la lutte antivectorielle, trois nouveaux principes actifs et 15 formulations seront nécessaires au cours des 12 prochaines années afin de prévenir la résistance aux pesticides et d'intégrer de nouveaux concepts comme celui de l'élimination des larves et des produits destinés aux consommateurs. Seul un principe actif et 10 formulations seront développés au cours des décennies suivantes, servant les mêmes objectifs.

Diagnostics. Des technologies fiables, robustes et rentables de microscopie et de tests de diagnostic rapide sont nécessaires afin de permettre l'élimination du paludisme. Au cours des prochaines décennies, des investissements dans la microscopie, des améliorations dans la technologie de diagnostic actuelle, le développement de nouvelles technologies d'anticorps monoclonaux et de réaction en chaîne par polymérase (PCR) afin d'améliorer la sensibilité du diagnostic et l'invention de tests non-invasifs et d'outils diagnostiques au sens large sont nécessaires.

Délais et coûts. La création de ces nouveaux outils demande un délai significatif et des investissements constants. Le coût de développement d'un vaccin oscille entre 600 millions et 1 milliard de $US et la durée du projet est estimée à 13 ans. Il faut environ 250 millions de $US et 10 ans pour développer un nouveau principe actif pour les thérapies médicamenteuses, et entre 2 et 6 années et 25 millions de $US pour lancer une nouvelle formulation d'un médicament existant. Pour la lutte antivectorielle, le développement d'un nouveau principe actif demande un investissement de 175 millions de $US et 12 ans, tandis qu'une nouvelle formulation ne demande que 3 millions de $US sur 2 à 6 ans. Les investissements annuels pour le développement de nouvelles technologies pour la microscopie et les tests diagnostiques vont d'environ 10 à 15 millions de $US.

Les prévisions de R&D sont incertaines et les calendriers prudents. Bien que les hypothèses du modèle aient été vérifiées lors d'entretiens avec des experts de l'industrie, il existe une incertitude inhérente aux types d'outils nécessaires et aux calendriers pour les développer. En cas d'incertitude, les calendriers actuels tendent à être prudents. Par exemple, nous supposons qu'il faudra développer deux médicaments pour bloquer la transmission de P. falciparum et P. vivax. Cependant, des efforts sont en cours pour bloquer de manière simultanée les deux parasites avec un seul produit, ce qui réduirait le coût global et le temps passé en R&D. En conséquence, il sera nécessaire de mettre à jour ce modèle au fil du temps. Cf. Annexe 5 : Hypothèses utilisées pour estimer le coût de la recherche et développement pour plus d'informations sur les hypothèses et données de base du modèle.

Bénéfices de l'investissement dans le contrôle, l'élimination et la R&D

Bien que les coûts de la lutte antipaludique soient élevés, les bénéfices sont significatifs. Plusieurs raisons probantes démontrent l'intérêt d'investir dans la lutte :

Le contrôle du paludisme sauve des vies aujourd'hui et prévient des décès futurs. Investir dans une intensification rapide aujourd'hui et maintenir les réalisations sur le long terme permettra de sauver plusieurs millions de vies. Un consortium d'organisations conduit par l'Institute of International Programs à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health a développé un modèle IMPACT mesurant la survie des enfants sur la base de travaux menés par le Child Health Epidemiology Reference Group (CHERG) en utilisant un logiciel développé par le Futures Institute. Dans la Figure II.21, une analyse indicative de 20 pays africains à fardeau élevé[112]Les pays évalués représentent environ 82% de la mortalité palustre mondiale : Angola, Burkina Faso, Cameroun, Tchad, République démocratique du Congo, Côte d'Ivoire, Éthiopie, Ghana, Guinée, Kenya, Madagascar, Mali, Mozambique, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan, Tanzanie, Ouganda, Zambie. Le modèle n'examine que l'impact des décès dus à P. falciparum. montre que si les objectifs de couverture pour 2010 sont atteints, plus de 4,2 millions de vies seront sauvées entre 2008 et 2015. Si les objectifs d'intensification ne sont pas remplis avant 2015, seules 2,8 millions de vies seront sauvées au cours de la même période. Cf. Annexe 4 : Hypothèses utilisées pour estimer le coût de la mise en œuvre dans les pays pour les implications d'une intensification plus lente en terme de coût.

Le modèle base les taux de survie des enfants sur les niveaux actuels d'interventions préventives et curatives. Ces gains augmenteront probablement à mesure que l'efficacité opérationnelle augmente et que de nouveaux outils sont développés, rendant ainsi l'objectif d'un nombre de décès pratiquement nul possible. Certains pays ont déjà constaté des réductions de mortalité encore plus importantes.

Figure II.21 : Impact de l'intensification sur la mortalité dans 20 pays africains à fardeau élevé

Impact de l'intensification sur la mortalité dans 20 pays africains à fardeau élevé

a) Les pays évalués représentent 82% de la mortalité globale due au paludisme
Source : Child Survival IMPACT Model. Développé par un consortium dirigé par l'Institute of International Programs at John Hopkins Bloomberg School of Public Health. Basé sur le travail du Child Health Epidemiology Reference Group (CHERG)

Le contrôle du paludisme est très rentable. En plus de l'impact sur la morbidité et la mortalité, de nombreuses études ont montré que les interventions pour prévenir et traiter le paludisme sont très rentables, avec des rapports coût-bénéfice élevés. Dans le Tableau II.3, une analyse récente de l'Afrique subsaharienne montre qu'un ensemble d'interventions visant à prévenir le paludisme (comprenant des moustiquaires, PID et TPIp) est la seconde intervention la plus rentable comparée à d'autres maladies, y compris l'infection par le VIH/sida et la tuberculose.[113]Basé sur des chapitres de Jamison D et al. Disease Control Priorities in Developing Countries, 2nd edition, 2006, tels qu'ils sont résumés dans Laxminarayan et coll., 2006.

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Avec un coût de 2 à 24 $US par année de vie ajustée sur l'incapacité (DALY)[114]Les DALY sont, pour une maladie, la somme des années de vie perdues en raison d'une mortalité prématurée de la population et les années perdues en raison d'un handicap pour les cas en cours de la maladie. Un DALY représente la perte de l'équivalent d'une année de pleine santé. Murray CJL, Salomon JA, Mathers CD, Lopez AD (eds.). Summary measures of population health: concepts, ethics, measurement and applications. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2002. Voir http://www.who.int/healthinfo/boddaly/en/ pour davantage d'informations (page non disponible en français).

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évitée, la seule intervention ayant une rentabilité supérieure est la vaccination infantile. En utilisant les mêmes données, les interventions contre le paludisme (y compris moustiquaires et ACT) se plaçaient parmi les 7 premières d'une liste de 315 interventions sanitaires analysées sur la base du rapport coût-bénéfice et du fardeau traité.[115]Jamison D. Disease Control. In Lomborg B, eds. Solutions for the World's Biggest Problems: Costs and Benefits. Cambridge University Press, 2008.

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Tableau II.3 : Rapports coût-bénéfice des interventions sanitaires majeures


Interventions sanitaires Coût par DALY évitées ($US) Fardeau (en M de DALYs)
Vaccination des enfants 1 - 5 Non évalué
Prévention du paludismea 2 - 24 35.4
Chirurgie et urgences 7 - 215 25 - 134.2
Maladies infantiles 9 - 218 9.6 - 45.1
Maladies cardiovasculaires 9 - 273 4.6
VIH/sida (prévention) 6 - 377 56.8
Soins maternels/ néonatals 82 - 409 29.8 - 37.7
VIH/sida (traitement) 673 - 1,494 56.8
Tuberculose (traitement) 4,129 - 5,506 8.1

a) Comprend les MII, la PID et le TPI en Afrique subsaharienne
Source: Mills A. and Shillcutt S. Copenhagen Consensus Challenge paper on Communicable Diseases, 2004


Ceci confirme les résultats d'études similaires, y compris le Consensus de Copenhague en 2004 qui a montré que les investissements dans les ACT et MILD non seulement sauvaient un nombre significatif de vies mais que les bénéfices nets annualisés et les rapports coût-bénéfice sont élevés si on les compare à d'autres maladies.[116]Mills A and Shillcutt S. Copenhagen Consensus Challenge Paper on Communicable Diseases. 2004.

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Ceci signifie qu'un dollar dépensé pour des interventions contre le paludisme pourrait potentiellement avoir un impact plus important sur le niveau de santé que la même somme utilisée pour des interventions de lutte contre d'autres maladies.[117]Kiszewski A, Johns B, et al. Estimated global resources needed to attain international malaria control goals. Bulletin of the World Health Organization, 2007, 85:623-630.

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Les investissements dans la R&D permettent de réaliser des économies à long terme. D'un point de vue de coût global, des investissements significatifs dans la R&D réalisés au cours de la décennie à venir devraient permettre de développer des outils très efficaces qui diminueront les besoins en financement de R&D et en efforts de contrôle coûteux au cours des décennies futures. Par exemple, le lancement d'un vaccin efficace réduirait l'investissement à long terme en médicaments et autres interventions. Au fil du temps, les investissements en R&D permettront également le développement d'interventions plus rentables et réduiront ainsi les coûts de mise en œuvre par pays. En attendant le lancement d'un outil efficace qui aidera à éliminer le paludisme, les coûts annuels de R&D devraient se situer entre 750 et 900 millions de $US jusqu'en 2018. S'assurer que ces investissements sont effectivement réalisés est capital pour atteindre le but ultime : l'éradication du paludisme.

Les fonds économisés rendent les réinvestissements possibles. Selon le modèle d'estimation des coûts, la plupart des pays engagés dans des programmes de contrôle ont des coûts annuels de contrôle du paludisme de 1,85 $US en moyenne par personne à risque, dépendant de plusieurs facteurs, y compris les différences régionales, la taille et la densité de la population, le nombre d'interventions utilisées simultanément, etc. Cette dépense va diminuer avec le temps en raison des économies issues des besoins inférieurs en traitement.

En comparaison avec les dépenses de santé annuelles de ces pays, les coûts sont relativement bas. Les dépenses de santé annuelles moyennes par personne sont de 19 $US en Afrique, 30,5 $US en Asie et 26,50 $US dans les Amériques.[118]Kiszewski A, Johns B, et al. Estimated global resources needed to attain international malaria control goals. Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé, 2007, 85:623-630.

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À mesure que les dépenses de lutte antipaludique diminuent en raison de la diminution rapide de l'incidence, des fonds se libèrent pour servir à d'autres initiatives sanitaires.

Un fardeau moins important apporte des bénéfices économiques et permet de réduire la pauvreté. Le paludisme touche généralement certaines des populations les plus pauvres et les plus marginalisées du monde. Minimiser le fardeau permet aux individus de continuer à travailler et à étudier et diminue le temps nécessaire pour s'occuper des malades. Ceci favorise la croissance économique et peut diminuer le cycle de la pauvreté.

Ces investissements dans le contrôle du paludisme peuvent avoir un impact significatif sur l'économie d'une région. Certaines analyses ont estimé le fardeau économique annuel du paludisme à au moins 12 milliards de $US par an de pertes directes et un nombre encore plus important en terme de croissance économique perdue. Ceci signifie que si 2,3 milliards de $US sont nécessaires chaque année pour contrôler le paludisme en Afrique, chaque dollar investi dans le contrôle du paludisme pourrait rendre possible un gain de plus de 5 dollars, en ne prenant en compte que les 12 milliards de $US mentionnés précédemment. Les bénéfices sont probablement similaires dans d'autres parties du monde. Davantage de recherche est nécessaire pour évaluer l'impact économique du paludisme ainsi que le rendement positif qui apparaîtra lorsque l'investissement dans le paludisme sera adapté. Ce document sera mis à jour à mesure que ces informations deviennent disponibles.

Tableau II.4 : Résumé des coûts annuels au niveau mondial


Coûts (en millions de $ US) 2009 2010 2015 2020 2025
MILD/MII 2,091 2,091 1,689 1,807 1,035
PID 1,632 1,883 2,026 2,047 1,531
TPIp 6 8 9 9 10
Coûts de prévention 3,728 3,982 3,724 3,864 2,576
TDR 679 975 368 109 43
ACTs 257 356 164 107 41
Chloroquine et primaquine 5 5 2 1 0
Prise en charge des cas sévères 27 23 16 9 4
Coûts de de la prise en charge des cas 968 1,359 550 226 87
Agents de santé communautaire 79 82 97 96 75
Formation 104 96 91 93 58
S&E et RO 207 242 245 251 298
Renforcement infrastructures/ inst. 248 419 331 347 283
Coûts de programme 638 839 764 787 714
Coûts de contrôle et d'élimination au niveau mondial 5,335 6,180 5,037 4,877 3,378
Besoins en information 126 126 133 113 77
Diagnostics 13 13 13 13 13
Médicaments 322 322 322 154 154
Interventions de lutte antivectorielle 108 108 108 105 65
Vaccins 190 190 224 296 152
Coûts de recherche et développement 759 759 800 681 460
Coûts totaux 6,094 6,939 5,837 5,559 3,838

Remarque : les frais de diagnostic sont couverts à la fois par les TDR dans la prise en charge des cas et par la microscopie dans le renforcement des infrastructures/institutionnel.
Source(s): GMAP costing model; Johns B. and Kiszewski A. et al