GMAP

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Résumé

Introduction

Le leadership et l'engagement durables des pays sont essentiels pour vaincre le paludisme. Le Partenariat Roll back malaria (RBM) a d'abord et avant tout élaboré le Plan d'action mondial contre le paludisme (GMAP) pour apporter un soutien aux nations. Le GMAP fournit un cadre global pour l'action autour duquel les partenaires peuvent coordonner leurs efforts. Élaboré dans le cadre d'un processus consultatif intensif, il rassemble les contributions de 30 pays et régions endémiques, 65 institutions internationales et 250 experts travaillant dans un large éventail de domaines. Le GMAP présente (i) une vue d'ensemble de la situation mondiale du paludisme, (ii) une approche fondée sur les données probantes pour offrir une prévention et un traitement efficaces à l'ensemble des personnes à risque et (iii) une estimation des besoins annuels en financement pour atteindre les objectifs du Partenariat RBM à l'horizon 2010, 2015 et au-delà. Le GMAP est un document vivant : il évoluera parallèlement aux approches et outils adoptés pour lutter contre le paludisme.

Le GMAP expose la vision du Partenariat RBM pour obtenir, à court et moyen terme, une réduction significative et durable du fardeau que représente le paludisme et à long terme, l'éradication potentielle du paludisme à l'échelle mondiale, lorsque de nouveaux outils le permettront. Les objectifs du GMAP pour concrétiser cette vision sont les suivants :

Pour garantir la réalisation de ces objectifs, le GMAP présente une stratégie mondiale en trois volets :

  1. contrôler le paludisme afin de réduire le fardeau qu'il représente actuellement et maintenir ce contrôle aussi longtemps que nécessaire,
  2. éliminer le paludisme au fil du temps, pays par pays et
  3. rechercher de nouveaux outils et de nouvelles approches pour soutenir les efforts mondiaux de contrôle et d'élimination (Cf. Figure 1).

Figure I:

Le présent résumé rend compte des messages clés du GMAP. Pour de plus amples informations, se référer au plan dans sa version intégrale.

Section I : Le paludisme aujourd'hui

  1. Le paludisme est une maladie complexe et meurtrière menaçant près de 3,3 milliards de personnes dans 109 pays et territoires à travers le monde. En 2000, entre 350 et 500 millions de cas de paludisme, et au minimum un million de décès, ont été recensés à travers le monde, essentiellement chez les enfants africains . Outre son impact sur la santé, le paludisme impose un lourd fardeau économique à de nombreux pays endémiques, en contribuant au cycle de la pauvreté et en entravant le développement économique. À titre d'exemple, il est estimé que le seul territoire africain subit au minimum 12 milliards de $US de pertes directes par an (maladie, traitement, décès prématuré) et bien plus encore en termes de perte de croissance économique.
  2. À l'heure actuelle, le paludisme peut être évité, diagnostiqué et traité à l'aide d'une combinaison d'outils. Les principaux outils de prévention sont les moustiquaires imprégnées d'insecticide longue durée (MILD), la pulvérisation intradomiciliaire d'insecticides à effet rémanent (PID), qui consiste à pulvériser des insecticides sur les murs des habitations et le traitement préventif intermittent des femmes enceintes (TPIp) afin de prévenir les infections palustres dans les zones de forte transmission. D'autres mesures de lutte antivectorielle (p. ex. traitement larvicide, gestion de l'environnement) basées sur des preuves scientifiques sont utilisées lorsqu'elles sont pertinentes. Les médicaments et outils diagnostiques sont utilisés dans le cadre de la prise en charge des cas de paludisme. Le paludisme peut être confirmé par un diagnostic parasitologique, soit à l'aide de la microscopie soit à l'aide d'un test de diagnostic rapide (TDR). Les combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (ACT) sont recommandées pour le traitement du paludisme à P. falciparum. La chloroquine (CQ) et la primaquine (PQ) sont le traitement de choix du paludisme à P. vivax sensible à la chloroquine.
  3. Suite à l'interruption prématurée d'une campagne mondiale d'éradication du paludisme menée dans les années 1950-1970, le paludisme n'a fait l'objet que de peu d'attention jusqu'à récemment. Au cours de la dernière décennie, des progrès significatifs ont été réalisés en terme de sensibilisation au paludisme. Plusieurs pays ont démontré qu'il était possible de réduire de façon significative la morbidité et la mortalité palustre. À titre d'exemple, suite à l'obtention d'une couverture élargie grâce aux MILD et aux ACT, le nombre de cas de paludisme et de décès liés au paludisme dans les établissements de santé rwandais a diminué de plus de 50%. Des résultats similaires ont été obtenus en Érythrée, à Sao Tomé-et-Principe et à Zanzibar (République unie de Tanzanie).
  4. Il reste encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs du Partenariat RBM et faire profiter à un large éventail de pays des avantages de la couverture universelle. Le renforcement des capacités et des systèmes de santé à l'échelle nationale sera essentiel pour permettre aux pays de réaliser les interventions requises auprès des populations à risque. Des données du Rapport mondial de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur le paludisme 2008 montrent que de nombreux pays sont loin d'atteindre les objectifs de couverture universelle pour ce qui est des interventions clés. À titre d'exemple, en 2006-2007, dans 18 pays africains, seuls 34 % des foyers disposaient d'une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII) et 23 % des enfants de moins de cinq ans dormaient sous une MII. D'autre part, des données de l'UNICEF montrent que le nombre de MII produites a augmenté, passant de 30 millions en 2004 à 95 millions en 2007 ; une augmentation qui devrait se poursuivre en 2008. Enfin, au cours des dernières années, un certain nombre de partenaires et de pays se sont activement investis dans le renforcement de l'utilisation de la pulvérisation intradomiciliaire d'insecticides à effet rémanent.
  5. La tendance en matière de financement de la lutte antipaludique est positive. Depuis 2004, des montants colossaux ont été investis dans le contrôle du paludisme, pour atteindre, selon les estimations, 1,5 milliard de $US en 2007, toutes sources confondues. Les décaissements des seuls bailleurs de fonds internationaux ont pratiquement triplé, passant de 250 millions de $US en 2004 à 700 millions de $US en 2007 et devraient atteindre 1,1 milliard en 2008. Néanmoins, les financements devront être multipliés par quatre par rapport au niveau total de financement actuel pour permettre la réalisation des objectifs du Partenariat RBM.

Section II : La stratégie mondiale

Contrôle : vaincre le paludisme

La stratégie de contrôle du Partenariat RBM vise à réduire la morbidité et la mortalité palustre par le biais d'une couverture universelle et d'un renforcement des systèmes de santé. D'après le Plan d'action mondial contre le paludisme, deux étapes sont nécessaires pour contrôler la maladie :

  1. intensifier les interventions préventives et thérapeutiques pour un impact réel (SUFI) et
  2. assurer un contrôle durable dans le temps.

Élimination et éradication : atteindre la transmission zéro

Agenda de la recherche sur le paludisme

Coûts de l'investissement pour le contrôle, l'élimination et la recherche sur le paludisme

Tableau 1 : Résumé des coûts annuels au niveau mondial


Coûts (en millions de $ US) 2009 2010 2015 2020 2025
Coûts de prévention 3,728 3,982 3,724 3,864 2,576
Coûts de prise en charge des cas 968 1,359 550 226 87
Coûts de programme 638 839 764 787 714
Coûts de contrôle et d'élimination au niveau mondial 5,335 6,180 5,037 4,877 3,378
Coûts de recherche et développement 759 759 800 681 460
Coûts totaux 6,094 6,939 5,837 5,559 3,838

Remarque : les détails des estimations des coûts sont présentés dans la Section II - Chapitre 5 : Coûts et bénéfices de l'investissement dans le contrôle du paludisme, l'élimination et la recherche et développement, l'Annexe 4 et l'Annexe 5.
Source: GMAP costing model


Section III : Les stratégies régionales

Section IV : Le rôle du Partenariat RBM

Le Partenariat Roll Back Malaria, par le biais de ses divers mécanismes (notamment les groupes de travail, les réseaux sous-régionaux, le Secrétariat) et en collaboration avec des partenaires spécifiques, fournit une assistance à tous niveaux, spécifiquement axée sur les zones ayant les besoins les plus importants et sur les tâches auxquelles la collaboration et la coopération peuvent profiter le plus. Ces tâches, qui viennent compléter le plan, comprennent :

Les groupes de travail du Partenariat RBM couvrent d'ores et déjà un grand nombre de ces thèmes. Le Partenariat prévoit d'étendre ses activités au cours des années à venir afin de mieux répondre aux besoins des pays endémiques mais également d'atteindre ses objectifs. Les aspects qui doivent être développés à court terme comprennent le renforcement de l'aide apportée pour la mobilisation des ressources, l'assistance concernant les méthodologies de communication et changement de comportement et l'assistance aux pays confrontés à des crises humanitaires (p. ex. conflits, catastrophes naturelles). Dans tous ces domaines, le Partenariat RBM renforcera ses liens avec les régions situées en dehors du continent africain. La collaboration avec les institutions de recherche sera également renforcée afin de développer de nouveaux outils, d'orienter les politiques et d'améliorer la mise en œuvre. Ces différentes étapes permettront au Partenariat RBM de coordonner les efforts de façon plus efficace pour la mise en œuvre de ce plan.

À retenir

Les coûts engendrés par la lutte contre le paludisme sont importants mais les bénéfices le sont plus encore et les risques associés à l'inaction trop élevés pour être ignorés (p. ex. décès, développement économique entravé, émergence de résistance).