
LE PROJET DU CABINET
Faire reculer le paludisme
INTRODUCTION
Le partenariat mondial pour faire reculer le paludisme a pour but de permettre aux gens de réduire de moitié la charge que représente pour eux cette maladie d'ici 2010 à travers :
Le projet du Cabinet de l'Organisation mondiale de la Santé Faire reculer le paludisme a été lancé afin d'optimiser l'impact du partenariat mondial pour faire reculer le paludisme et de garantir l'efficacité de l'action de l'OMS et des organismes associés à ce partenariat.
Les résultats attendus du projet du Cabinet pour la période 1998-2001 sont les suivants :
Ce projet de document décrit la relation en constante évolution entre le partenariat RBM et le projet OMS. Il sera mis à jour et présenté à la troisième réunion du partenariat mondial pour faire reculer le paludisme.
David Nabarro
Administrateur
Projet du Cabinet de l'OMS Faire reculer la paludisme
Genève, décembre 1999
Lancé en octobre 1998, le partenariat pour faire reculer le paludisme a pour but de réduire de moitié la charge mondiale représentée par le paludisme d'ici 2010 et de continuer à en réduire la charge par la suite. Le Directeur général de l'OMS avait établi le projet Faire reculer le paludisme un peu plus tôt cette année-là pour garantir une contribution unifiée de l'Organisation à l'effort mondial, pour contribuer au développement du secteur sanitaire et à la lutte contre la pauvreté, et pour suggérer des moyens de réduire la charge d'autres maladies sur les communautés pauvres. Le projet fait également fonction de secrétariat pour le partenariat. Un budget de US $20 millions a été approuvé pour la phase préparatoire du projet (juillet 98 décembre 99). Les résultats prévus sont les suivants :
Les activités ont démarré lentement en raison du manque de moyens financiers pendant les huit premiers mois d'exécution du projet, celu-ci n'ayant reçu que le cinquième de son budget biennal. Au cours de l'année écoulée, le projet a été fortement tributaire de l'aide reçue de la Norvège, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la Suède, de la Belgique et de la Banque mondiale et des crédits du budget ordinaire de l'OMS. Malgré cette difficulté, un intense processus de recherche de consensus a été entamé à tous les niveaux de l'OMS, des gouvernements nationaux, des ONG, des organismes de recherche et des organismes de développement. Les principes dont s'inspire le mouvement RBM ont été définis s'appuyer sur les efforts de lutte contre le paludisme entrepris depuis trente ans, mais en allant plus loin afin de faire reconnaître le paludisme comme un problème vital de développement. Toutefois, les activités essentielles au niveau des pays ne pouvaient être soutenues et cela a considérablement ralenti les progrès.
Le présent rapport de l'administrateur du projet montre dans quels domaines des progrès ont été faits au cours de la première année :
Le partenariat mondial aura besoin d'importantes ressources supplémentaires en l'an 2000 pour pouvoir aider les pays à mettre en oeuvre des actions qui contribuent à multiplier le nombre de personnes soustraites au risque d'infection ou ayant accès à un traitement efficace en cas de symptômes, tout en aidant les pays à réduire l'utilisation du DDT dans la lutte contre les moustiques.
| Le défi Le paludisme est le principal obstacle au développement humain dans les pays pauvres.
Figure 1 : Le paludisme sévit avec la plus forte intensité dans les pays les plus pauvres du globe. Source : J. Sachs Les taux de mortalité par paludisme ont commencé à augmenter en Afrique.
A l'heure actuelle, les interventions disponibles, utilisées correctement, sont tout à fait rentables pour réduire la charge du paludisme dans les communautés pauvres.
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La réponse : Faire reculer le paludisme
Au milieu des années 90, les chefs d'Etat de l'Organisation de l'Unité africaine ont appelé à redoubler d'efforts pour lutter contre le paludisme sur leur continent. L'OMS et la Banque mondiale ont répondu à cet appel : l'OMS en particulier a soutenu l'accélération des activités de lutte contre le paludisme dans les pays africains.
Lorsqu'elle briguait le poste de Directeur général de l'OMS en 1997, le Dr Brundtland a décidé de mettre à profit les efforts entrepris en Afrique. Elle a proposé la création d'une initiative mondiale pour faire reculer le paludisme, visant à réduire la charge du paludisme supportée par les populations pauvres par le développement du secteur sanitaire et la promotion de l'action intersectorielle.
Elle prévoyait un effort mondial de longue haleine (10 à 15 ans), concentré sur l'amélioration de l'accès aux outils de lutte antipaludique d'efficacité démontrée. Parallèlement, de nouveaux produits seraient étudiés et mis au point à travers la recherche et des partenariats public/privé. L'effort serait conduit par les gouvernements des pays touchés et soutenu par un large éventail d'organismes de développement, d'entreprises, de groupes de recherche et de membres de la société civile, travaillant tous en partenariat. L'OMS serait un partenaire parmi d'autres, mais soutiendrait le partenariat au niveau mondial, régional et des pays.
A l'OMS, l'initiative RBM reposait sur un mécanisme particulier. Un projet de cinq ans a été institué en juillet 1998, peu après l'entrée en fonction du Dr Brundtland. Il bénéficie d'importants crédits au titre du budget ordinaire, rend compte au Cabinet de l'OMS et est censé inaugurer de nouvelles méthodes de travail au sein de l'Organisation. En quelques semaines, le Cabinet de l'OMS a approuvé le plan pour la phase préparatoire du projet de 18 mois (jusqu'en décembre 1999), doté d'un budget total de $ 20 millions.
Le partenariat
Le Dr Brundtland a mobilisé un soutien politique de haut niveau en faveur de l'initiative RBM en sollicitant plusieurs chefs d'Etat, et notamment ceux des pays du G8. Quelques semaines plus tard, le 30 octobre, à New York, le Directeur exécutif de l'UNICEF, le Président de la Banque mondiale et l'Administrateur de PNUD se joignaient à elle pour jeter les bases du partenariat mondial pour faire reculer le paludisme et engageaient pleinement leurs organisations en faveur de l'initiative. Le partenariat a encore été renforcé lors de la première réunion des partenaires qui a eu lieu à Genève en décembre 1998.
Ces dernières années, des efforts de lutte antipaludique ont été entrepris dans de nombreux pays en dépit de conditions défavorables insuffisance de financement, insuffisance de personnel et manque du matériel nécessaire pour être efficace. Dans un premier temps, on a craint que l'approche Faire reculer le paludisme ne tienne pas compte de ces réalités.
Le personnel impliqué dans la lutte antipaludique, qui s'exprime au nom de tous ceux qui sont exposés à la maladie, espérait que l'initiative RBM permettrait de développer les activités en cours, essentielles à une lutte antipaludique efficace dans les pays. C'était particulièrement important dans la Région africaine où les programmes de lutte avaient été accélérés grâce à des subventions spéciales de $10 millions par an en 1997 et 1998. L'initiative RBM n'était pas conçue comme un nouveau mécanisme de transfert de fonds. Il s'agissait plutôt d'obtenir les meilleurs résultats possibles en mettant à profit les efforts déployés par toutes les parties impliquées dans la lutte antipaludique, d'obtenir ces résultats à travers le développement des systèmes de santé et autres systèmes publics et d'encourager une augmentation substantielle des ressources disponibles pour aider à réduire la charge représentée par le paludisme.
Fin 1998, le nouveau groupe Paludisme de la Banque mondiale a entamé une série de « consultations rapides » avec les gouvernements et les partenaires africains (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Malawi, Mozambique et Ethiopie), qui devaient aider la Banque à déterminer comment elle pourrait investir davantage dans des mesures susceptibles de réduire la charge du paludisme. Les gouvernements, l'OMS, l'UNICEF et le personnel des organismes de développement bilatéraux ont également pris part à ces consultations. Ensemble, les partenaires se sont demandé quelle serait la meilleure façon de mettre en place l'action visant à faire reculer le paludisme dans les pays. Les consultations ont révélé l'existence d'un champ d'action en partenariat pour lutter contre le paludisme à travers une réforme du secteur de la santé et l'action intersectorielle. Elles ont montré qu'il était indispensable de coordonner le soutien existant aux activités de pays et de renforcer les approches prometteuses telles que la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME).
Recherche d'un consensus
Dès le début de 1999, les concepts de RBM ont été approuvés à l'issue d'importantes consultations qui ont eu lieu au sein des Régions OMS, entre les partenaires (en particulier la Banque mondiale et l'UNICEF), et avec des représentants de la communauté des chercheurs (en particulier l'initiative multilatérale sur le paludisme). Les concepts ont également été débattus au Siège de l'OMS, avec le Conseil exécutif de l'OMS et avec les contributeurs potentiels. Des réunions fréquentes entre l'équipe du Siège, le Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique et le personnel du Bureau régional de l'Afrique à Harare ont abouti à un accord sur la fusion des initiatives existantes contre le paludisme en Afrique et de l'action menée pour faire reculer le paludisme et leur promotion sous le slogan Faire reculer le paludisme en Afrique.
Le personnel du projet a ensuite collaboré avec ses homologues régionaux en vue d'établir une stratégie d'ensemble pour faire reculer le paludisme et de définir des principes susceptibles d'être adoptés par les organisations participantes. La clarification des concepts, de la stratégie et des principes de partenariat a permis de jeter les bases des premiers documents rédigés pour faire connaître RBM à un plus large public et pour sensibiliser les gens. La brochure d'information sur les mesures à prendre pour faire reculer le paludisme « La moitié des décès dus au paludisme pourraient être évités ces dix prochaines années » a été distribuée pour la première fois à la mi-mars 1999, et fait l'objet d'un essai préalable en Afrique australe. Elle a reçu un excellent accueil.
La stratégie envisageait des mouvements pour faire reculer le paludisme à plusieurs niveaux. A l'intérieur des pays, un large éventail d'organisations engagées, travaillant dans le cadre d'une stratégie commune à l'échelon du pays, se chargerait de l'action RBM. Dans chaque pays, des partenaires au premier rang desquels le gouvernement soutiendraient le mouvement. L'un des autres partenaires, l'OMS, avait un rôle particulier à jouer en fournissant un soutien technique, en servant d'intermédiaire pour la mobilisation de ressources et dans la surveillance des progrès.
Une place particulière serait dévolue aux entreprises privées qui accepteraient les principes décrits ci-dessus : le projet envisageait des moyens permettant d'associer des entreprises à l'action pour faire reculer le paludisme dans les pays (à travers des partenariats public/privé). Une compagnie pétrolière est l'un des principaux bailleurs de fonds de RBM dans un pays de la Région européenne de l'OMS ; d'autres sociétés des secteurs minier, pétrolier, agricole, du tourisme, de la publicité ou de la distribution contribuent à l'action au niveau des pays. Des entreprises produisant des pesticides, des produits pharmaceutiques et des outils diagnostiques contribuent également à faire reculer le paludisme à différents niveaux.
La stratégie a été examinée et adaptée aux situations locales dans le cadre d'une série de réunions de consensus et de mise en route. Celles-ci ont rassemblé des responsables de la santé et des finances des pays d'endémie, des représentants des organismes de développement partenaires et autres partenaires qui ont ainsi eu l'occasion de débattre de la façon dont ils aimeraient intensifier l'action pour faire reculer le paludisme dans leur pays.
La première a eu lieu dans la région du Mékong début mars, avec l'appui concerté de l'OMS et de l'UNICEF constitués en alliance. Le Viet Nam, la Thaïlande et la Chine ont fait savoir comment ils pourraient faire partager leur expérience au Laos, au Cambodge et surtout à la Birmanie. Les pays ont convenu de préparer des plans plus détaillés et de recenser des besoins en ressources avant la fin de 1999.
Le personnel des pays et des Régions a examiné les problèmes qui se posaient pour faire reculer le paludisme lors de quatre réunions de consensus et de mise en route organisées au niveau des sous-régions africaines entre mars et avril à Abidjan, Nairobi, Yaoundé et Maputo. Celles-ci ont demandé plusieurs semaines de préparation au personnel des bureaux régionaux et bureaux de pays de l'OMS, de la Banque mondiale, de l'UNICEF, du projet OMS et d'autres partenaires. Avec plus de 300 participants de plus de 40 pays, elles ont offert d'excellentes opportunités de dialogue et de discussion et fourni une plate-forme à partir de laquelle les équipes de pays, avec l'appui des responsables nationaux des organismes de développement, pourraient travailler aux mesures qu'ils comptaient prendre au niveau des pays. Plusieurs demandes ont été formulées pour l'affectation de ressources aux mesures prioritaires de lutte antipaludique dans les pays.
La réunion de consensus et de mise en route pour les pays d'Asie du Sud a eu lieu début mai, et donné lieu à un dialogue nourri quant à la possibilité d'adopter les concepts RBM dans toute la Région. La réunion de consensus pour les Républiques d'Asie centrale et le Kazakhstan s'est déroulée du 7 au 9 juin. Elle a mis en évidence des possibilités de collaboration afin de limiter les effets des épidémies de paludisme et a été suivie d'une réunion interrégionale destinée à élargir cette coopération aux pays de la Région OMS de la Méditerranée orientale en août. Un consensus a pu être dégagé dans la Région des Amériques lors d'une réunion rassemblant les pays de l'Amazonie en octobre 1999, au cours de laquelle l'accent a surtout été mis sur le rôle des organisations de populations autochtones dans la mise en oeuvre des activités RBM.
Le consensus est réalisé mais il reste des problèmes à résoudre
A la mi-mai 1999, les concepts, la stratégie et les principes de partenariat RBM, ainsi que l'approche fondée sur le mouvement social, avaient été approuvés lors de six réunions de consensus. A l'Assemblée mondiale de la Santé, le même consensus est ressorti des déclarations faites par les délégations au cours du débat et des réunions d'information sur le partenariat pour faire reculer le paludisme. La plupart étaient impatientes de mettre en route les activités visant à faire reculer le paludisme dans les pays, au moyen de ressources mobilisées dans le pays et en recherchant des fonds supplémentaires tels que des subventions ou des prêts, si possible. Certaines délégations et certains observateurs désireux d'accélérer l'élimination progressive des polluants organiques persistants se sont déclarés préoccupés par la poursuite de son utilisation. D'autres ont souligné que les insecticides étaient indispensables à une lutte efficace contre les épidémies de paludisme et que le DDT était le plus rentable. La controverse risque de durer encore quelques années. La résolution définissant la contribution de l'OMS au partenariat RBM a été adoptée sans incident.
Toutefois, les délégués des pays qui contribuent à l'aide au développement se sont demandé si l'accent mis sur l'action à travers les partenariats au niveau des pays porterait ses fruits alors que des tentatives analogues visant à mettre en place des approches intersectorielles du développement sanitaire ne s'étaient révélées efficaces que dans un petit nombre de pays. Certains se sont demandé si la stratégie, en renforçant et en rendant plus autonomes les unités de lutte antipaludique, ne risquait pas de saper les efforts de développement du secteur sanitaire. Les délégués ont également posé des questions d'ordre technique. Ils ont cherché à savoir s'il semblait possible, au moyen des interventions disponibles, de réduire de moitié la charge mondiale du paludisme et si le coût de ces interventions serait abordable au niveau communautaire. Les délégués ont également demandé si l'OMS, avec sa structure décentralisée, serait capable d'harmoniser rapidement son soutien technique aux activités de lutte antipaludique et de travailler efficacement dans le cadre des programmes de ses partenaires.
Plan d'ensemble de l'OMS
Tous les Directeurs exécutifs et Directeurs régionaux de l'OMS ont manifesté leur soutien aux aspects techniques, institutionnels et politiques de l'approche OMS pour faire reculer le paludisme. Cela a permis au personnel du projet de commencer à travailler dès avril 1999 sur un plan de travail définissant la contribution d'ensemble de l'OMS au partenariat mondial RBM. Les versions successives du plan de travail témoignaient d'un engagement croissant des Départements de l'OMS dans cette entreprise, et illustraient les importantes restructurations intervenues à l'OMS, qui devront aussi être menées à bien pour que des initiatives comme RBM aient le maximum d'impact. Les premières versions du plan de travail ont été examinées avec les partenaires et les bailleurs de fonds. Elles ont constitué la base des présentations aux donateurs potentiels. Des montants importants de fonds ont été versés à l'OMS fin août. Ils ont permis de combler un déficit sérieux qui empêchait l'OMS de soutenir l'intensification de RBM dans les pays, de financer des études d'intervention et de soutenir la nouvelle Opération médicaments antipaludiques (MMV).

Bilan des progrès des activités visant à faire reculer le paludisme en Afrique
Figure 2 : Mortalité palustre en Afrique
La deuxième réunion du partenariat mondial RBM a été organisée par le Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique et le projet du Cabinet à Harare les 30 juin et 1er juillet. L'objet en était d'examiner les meilleurs moyens de promouvoir l'action RBM en Afrique en l'an 2000. Les partenaires gouvernements, organismes et banques de développement, donateurs bilatéraux, organisations multilatérales, ONG, institutions et organismes de recherche et secteur privé y ont largement participé. Des questions essentielles comme celles de savoir comment les partenaires pourraient financer le plus utilement l'action de RBM, comment les groupements du secteur privé pourraient participer aux partenariats au niveau des pays, comment catalyser le mouvement social, quels étaient les liens entre la réforme du secteur sanitaire et Faire reculer le paludisme ont été examinées attentivement et de nouvelles orientations importantes se sont dessinées, comme en témoignent les déclarations d'intentions nationales concernant l'intensification de l'action pour faire reculer le paludisme.
Depuis juillet 1999 Les défis pour le partenariat
A la suite des réunions sous-régionales de consensus, les gouvernements ont travaillé avec les bureaux régionaux de l'OMS, l'UNICEF, la Banque mondiale et le PNUD, les organismes de développement, les banques régionales, des entreprises et des ONG à mettre en place des mécanismes qui permettent de faire progresser l'action pour faire reculer le paludisme. Il est rendu compte des progrès par pays dans le document 1.4 de cette même série.
A peu près au même moment, il est apparu que, si l'on voulait que ces mécanismes servent de base à une action efficace à long terme, les partenaires devraient s'attacher ensemble à résoudre un certain nombre de problèmes :
1. Un effort massif est nécessaire au cours des dix prochaines années si l'on veut donner les moyens aux communautés de réduire de moitié la charge que le paludisme représente pour elles
Les partenaires ont fait comprendre au personnel du projet RBM la nécessité d'une intensification massive de l'effort :
Ce décuplement des efforts (multipliés par 30 dans certaines régions d'Afrique) devrait être entrepris dans le cadre de mouvements efficaces associant toute une série d'organisations actives au niveau communautaire, en se prévalant des initiatives existantes (telles que la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant), et en s'appuyant sur un meilleur fonctionnement des systèmes de santé et sur le développement intersectoriel. Pour rendre cette action possible, des ressources financières et humaines supplémentaires conséquentes seront nécessaires : l'idéal serait que ces ressources soient mises à disposition dans le cadre d'un appui intersectoriel à l'action du secteur sanitaire, ou à travers d'autres stratégies de développement favorables aux pauvres. Mais la pénurie extrême de crédits pour les programmes de lutte antipaludique dans certains pays empêche les responsables de planifier et de mettre en oeuvre des mesures nouvelles et originales.
2. Cet effort massif exigera un engagement conséquent et durable de tous les partenaires au plus haut niveau y compris celui des gouvernements
Les chefs d'Etat de nombreux pays et les chefs de secrétariat de plusieurs organisations internationales ont exprimé leur volonté de faire reculer le paludisme. Le problème consiste à faire en sorte que cette volonté soit maintenue, à contrôler les progrès accomplis à intervalles réguliers et à rappeler à toutes les parties concernées leurs engagements. Pour encourager un engagement durable, les partenaires doivent assurer une action de sensibilisation soutenue, ciblée et efficace. Le prochain Sommet sur le paludisme (24 et 25 avril), organisé à l'invitation du Président Obasanjo du Nigéria, sera une étape importante qui permettra de soutenir cet engagement de haut niveau dans la lutte contre le problème du paludisme en Afrique.
3. Les gouvernements et autres partenaires ont besoin d'aide pour catalyser des partenariats efficaces au niveau des pays à l'appui des mouvements communautaires en faveur du projet RBM
Les demandes d'aide émanant des gouvernements et autres partenaires travaillant dans les pays sont de plus en plus nombreuses pour ce qui est de catalyser l'action de l'ensemble des partenaires dans le cadre de la stratégie et du plan agréés, sur la base d'une analyse fiable de la situation actuelle du paludisme et du système de santé. Les partenaires veulent pouvoir établir des plans réalisables compte tenu des moyens disponibles dans le cadre des systèmes de santé nationaux et locaux : cela pose des problèmes majeurs lorsque les systèmes de santé financés par l'Etat sont largement déficitaires ou n'ont que des moyens limités leur permettant de ne prendre que de rares initiatives nouvelles même si celles-ci sont prioritaires. Les partenaires veulent être certains que l'action conjointe mise en place pour faire reculer le paludisme tient compte de ces réalités que les systèmes de santé fonctionnent efficacement ou qu'ils soient gravement menacés (par la situation économique ou une situation d'urgence complexe, par exemple).
Les possibilités offertes par la promotion des mouvements sociaux ont suscité un intérêt particulier. Ces possibilités devraient encore se développer du fait de l'engagement politique et de l'action de plaidoyer supplémentaire entreprise par les partenaires. Toutefois, plusieurs gouvernements et d'autres partenaires ont fait savoir que des ressources humaines et financières supplémentaires sont nécessaires pour engager ces mouvements sociaux car de nombreuses organisations qui souhaiteraient participer à cette action manquent de ressources pour le faire. Les organismes de développement partenaires commencent à mobiliser des ressources supplémentaires pour l'action destinée à faire reculer le paludisme dans les pays, mais ils veulent être sûrs que les stratégies et plans d'action élaborés par les partenariats au niveau des pays offrent une probabilité raisonnable de contribuer à des actions efficaces visant à faire reculer le paludisme et, à plus long terme, à obtenir les résultats souhaités. Ils sont particulièrement intéressés par le type de stratégies et de plans élaborés par les partenariats de pays.
4. Les partenaires ont besoin d'aide pour développer les capacités techniques des pays à l'appui d'une action efficace pour faire reculer le paludisme
La diversité des situations du paludisme dans les pays dans le temps et d'un endroit à un autre exige la mise à disposition rapide de moyens techniques cohérents. Ces moyens sont nécessaires pour aider à associer de façon appropriée les méthodes de prévention du paludisme (y compris l'utilisation de tissus imprégnés d'insecticide et/ou les pulvérisations d'insecticide, l'importance à donner aux insecticides toxiques comme le DDT, et l'efficacité des mesures de lutte environnementales). Ils sont nécessaires également pour mettre en place des politiques appropriées et des protocoles de traitement des personnes infectées (y compris des mesures de diagnostic et des médicaments antipaludéens adaptés). Ils sont nécessaires pour assurer la meilleure utilisation possible de l'information et des ressources en vue de prévoir les épidémies de paludisme et de prendre des mesures adaptées le cas échéant. Cela comporte le recours à une information sanitaire et géographique, et cela suppose que l'on accorde la priorité aux mesures prises par les systèmes de santé et en dehors de ceux-ci. Des compétences sont également nécessaires pour aider les partenaires à déterminer les meilleures utilisations des ressources supplémentaires en faveur de la santé (voire en faveur de la lutte contre les maladies infectieuses ou plus précisément le paludisme) pour soutenir l'action visant à faire reculer le paludisme.
Les compétences dont disposent un grand nombre de pays d'endémie sont très limitées et les partenaires sollicitent l'aide des bureaux régionaux de l'OMS ou d'organisations extérieures connaissant bien les problèmes régionaux. Actuellement, la demande de compétences est élevée. Le défi à relever consiste à mettre ces compétences à disposition de façon à renforcer les capacités des pays et à leur donner des conseils sur les critères de qualité et de pertinence à appliquer pour les aider à utiliser au mieux les ressources supplémentaires disponibles. La demande actuelle dépasse l'offre dans plusieurs domaines techniques importants et dans un certain nombre de pays touchés. Les moyens d'assurer la mise à disposition de ces compétences sont actuellement mis au point de sorte à a) renforcer les capacités des pays et des Régions et b) ne pas dépendre entièrement du personnel d'organismes extérieurs. L'accent est mis sur les réseaux de soutien technique régionaux.
5. Liens entre les problèmes auxquels sont confrontées les communautés qui s'efforcent de faire reculer le paludisme et les priorités des organisations nationales et internationales de recherche
Ces dernières années, les chercheurs se sont efforcés de mettre au point des réseaux efficaces pour faire en sorte que les stratégies des organisations finançant la recherche et des unités qu'elles soutiennent correspondent aux besoins des communautés touchées par le paludisme. Le programme coparrainé de recherche sur les maladies tropicales a fait à cet égard oeuvre de pionnier : il a par exemple entrepris une étude multicentres pour établir l'efficacité de différentes associations antipaludiques, un programme visant à développer des moyens diagnostiques rentables et des stratégies de traitement efficace du paludisme à domicile.
L'initiative multilatérale sur le paludisme (MIM) récemment lancée a transformé la façon dont les chercheurs des pays industrialisés et des pays africains travaillaient ensemble sur des sujets communs. De nouveaux partenariats public-privé, tels que l'Opération médicaments antipaludiques, ont offert un mécanisme qui rassemble des firmes pharmaceutiques privées et le secteur public international autour d'intérêts communs. Des réseaux axés sur les efforts mondiaux de recherche en matière de vaccins ont été établis et devraient accélérer le processus permettant d'identifier des vaccins expérimentaux efficaces.
Le succès du partenariat pour faire reculer le paludisme dépendra de la mesure dans laquelle les efforts de recherche produiront les résultats escomptés. Le problème pour le partenariat consiste à maintenir des liens efficaces avec la communauté des chercheurs et d'aider à mobiliser les fonds nécessaires pour les soutenir.
6. Surveiller les progrès, suivre l'action et évaluer l'impact
Si l'on veut qu'ils puissent apporter une contribution utile en vue de faire reculer le paludisme, les gouvernements et autres partenaires doivent pouvoir suivre les progrès des partenariats au niveau des pays - confirmer que les choses se déroulent comme prévu ou repérer les difficultés qui peuvent se présenter et tenter de les résoudre. Ils doivent pouvoir surveiller la mise en oeuvre des mesures nécessaires pour faire reculer le paludisme. Ils ont besoin d'éléments factuels montrant que ces actions ont bien un impact sur la charge du paludisme et pour évaluer cet impact. Le défi consiste à faire en sorte que les systèmes de surveillance des progrès soient efficaces et soient appliqués par tous les partenaires et à rechercher les possibilités d'obtenir des informations sur un ensemble minimum requis d'indicateurs pertinents. Il faut par ailleurs mettre en place des systèmes fiables de surveillance de l'impact.
Les partenaires relèvent le défi
Au moment de la rédaction du présent rapport, de nombreux signes montraient que les partenaires collaboraient de façon intense afin de relever ces différents défis. La réunion des partenaires de février fournira l'occasion de faire le bilan des progrès accomplis, d'examiner les problèmes prioritaires à résoudre pour le partenariat et de déterminer ce qui peut encore être fait pour les résoudre.
L'un des principaux problèmes restant à résoudre est le niveau de financement supplémentaire nécessaire au succès des efforts menés au niveau des pays pour faire reculer le paludisme. On estime que le partenariat devra mobiliser un montant supplémentaire largement supérieur à $300 millions par an à l'appui de l'action des pays (certaines estimations vont même jusqu'à $500 millions et, en l'an 2000, le projet RBM s'efforcera d'arrêter un chiffre plus fiable). Il faudra par ailleurs prévoir de quoi financer des études d'intervention et de développement de produits. Une partie de ces fonds devra aller au projet du Cabinet : son budget a provisoirement été fixé à $55 millions par an en 2000 et 2001. (Le chiffre pourra changer une fois que le plan de travail à l'échelle de l'Organisation pour faire reculer le paludisme en 2000 et 2001 sera achevé.) A l'heure actuelle, toutefois, il semble qu'une augmentation substantielle de ressources sera nécessaire (par rapport aux $20 millions disponibles pour la période 1998-1999) si l'on veut pouvoir apporter une contribution efficace à l'échelle de l'OMS aux travaux du partenariat mondial.
Projet du Cabinet de l'OMS Faire reculer le paludisme : rapports de situation
Les documents suivants décrivent les progrès des activités menées par le projet RBM du Cabinet de l'OMS. Les documents 1.2 et 1.3 décrivent les progrès des activités et les réalisations par rapport aux six résultats définis pour le projet du Cabinet établis dans le cadre logique et le plan de travail élaborés en juillet 1998 et modifiés début 1999. Ils indiquent également les recettes du projet du Cabinet dans le temps et les modalités d'utilisation des ressources pour chaque résultat. Des informations sur les progrès accomplis par les partenariats RBM au niveau des pays figurent dans le document 1.4. La présente introduction sera mise à jour à mesure que les contributions seront reçues des partenaires et sera présentée à la réunion des partenaires de février 2000.