COMMUNIQUE DE PRESSE
     Décennie des Nations Unies pour faire reculer le paludisme, 2001-2010

Une nouvelle initiative de l’Ouganda
à l’occasion de la Journée
africaine du paludisme

La prise en charge à domicile permettrait de sauver des milliers de vies d’enfants chaque année

GENEVE, 25 AVRIL 2002 : En fournissant des médicaments appropriés aux enfants malades, on pourrait sauver une bonne partie des vies perdues chaque année à cause du paludisme. Mais pour la plupart des enfants africains qui sont les victimes privilégiées du fléau, les médicaments ne sont pas actuellement disponibles ou efficaces.

C’est pour cela que l’Organisation mondiale de la Santé, l’UNICEF et les autres partenaires du projet pour faire reculer le paludisme appuient une nouvelle initiative du Gouvernement ougandais visant à offrir un traitement rapide, approprié, efficace et gratuit à ceux qui en ont le plus besoin—c’est-à-dire avant tout aux mères qui s’occupent de leur enfant malade.

La prise en charge à domicile est un concept simple qui pourrait révolutionner le traitement du paludisme et contribuer à réduire le coût humain et économique énorme de la maladie en Afrique. L’Ouganda montre la voie avec ce programme qui a déjà été testé dans trois districts et qui commencera à être appliqué comme politique officielle de traitement antipaludique à l’échelle nationale à l’occasion de la Journée africaine du Paludisme (le 25 avril). Il est également prévu d’introduire la prise en charge à domicile dans d’autres pays africains d’endémie, dans un premier temps au Burkina Faso, au Ghana, au Nigéria et en Zambie. Au lieu d’une longue marche jusqu’au centre de santé le plus proche suivie de plusieurs heures d’attente, les mères pourront bientôt frapper à la porte d’un voisin pour obtenir l’aide nécessaire. Grâce à la prise en charge à domicile, chaque village ou communauté disposera d’au moins un volontaire qui aura été formé pour reconnaître les symptômes du paludisme et sera chargé de fournir les médicaments nécessaires. Les volontaires principalement choisis dans la communauté, se sont engagés à modifier le cours des choses. Stephen Semambo est un volontaire du village de Sekiwungga. « Les gens viennent chez moi au milieu de la nuit » dit-il. « Cela ne me dérange pas. Il n’y a pas eu de décès dû au paludisme dans notre village depuis l’introduction de la prise en charge à domicile. »

Le projet est ambitieux. Pour que le système fonctionne dans l’ensemble du pays, il faut recruter et former à la distribution des médicaments pas moins de 80 000 volontaires (deux dans chaque village) et leur fournir une vingtaine de millions de boîtes d’antipaludéens spécialement conçus à cette intention. En Afrique, l’ampleur du problème posé par le paludisme atteint des proportions effarantes comme le montrent les chiffres : on estime que chaque année 300 à 500 millions de personnes sont infectées et la maladie fait au moins 1 million de morts, surtout parmi les enfants. En Afrique, un enfant meurt toutes les 30 secondes à cause de cette maladie évitable qu’il est possible de maîtriser et de guérir.

Dans les trois districts ougandais où la prise en charge à domicile a été évaluée, la réaction des volontaires et des villageois est extrêmement positive.

Eunice Tushabeomuwe, volontaire du village de Rwankyenzi, déclare : « Je veux aider les membres de ma communauté. Quand les gens vont mieux, ils me remercient. Tant que je vivrai, je poursuivrai ce travail. » Un des objectifs clefs du partenariat pour faire reculer le paludisme consiste à assurer l’accès rapide à un traitement efficace. Au Sommet d’Abuja pour faire reculer le paludisme, qui a eu lieu en l’an 2000, les gouvernements africains se sont engagés à fournir d’ici à 2005, un traitement efficace dans les 24 heures à 60 % des enfants fébriles.

Le succès de l’introduction de la prise en charge à domicile constituera une étape importante en vue d’atteindre cet objectif. Et avec l’introduction dans d’autres pays d’Afrique, la prise en charge à domicile deviendra un instrument déterminant de la lutte pour faire reculer le paludisme.

 

Pour plus de renseignements, s’adresser à :

David Alnwick, responsable du projet, Faire reculer le paludisme, OMS, Genève : +41 22 791 2769
Prudence Smith, conseiller en communication, Faire reculer le paludisme, OMS, Genève : +41 22 791 4586

Pour s’informer sur la Journée africaine du Paludisme, consulter

http://mosquito.who.int/amd2002/abuja2002_first.htm

 

COMMUNIQUE DE PRESSE
Faire reculer le paludisme est un partenariat mondial lancé par l’OMS, le PNUD, l’UNICEF et la Banque mondiale en 1998 pour collaborer avec les gouvernements, les autres organismes de développement, les ONG et les entreprises du secteur privé afin de réduire le coût humain et socio-économique du paludisme.
 
Faire reculer le paludisme, Organisation mondiale de la Santé, 20 Avenue Appia,
CH-1211 Genève 27, Suisse.
Tel: +41 22 791 2891 E-mail: rbm@who.int