LE PALUDISME FAIT DE PLUS
EN PLUS DE VICTIMES, SURTOUT PARMI LES ENFANTS La Banque mondiale, l'OMS,
l'UNICEF et le PNUD veulent intensifier la lutte contre le paludisme
WASHINGTON, 18 avril
2001 -- Le
paludisme, l'un des plus grands
fléaux sanitaires du monde, est en train de regagner du terrain et cause, selon
les estimations, plus d'un million de décès par an, dont 700 000 chez les
enfants. Selon l'OMS, le paludisme tue chaque jour 3 000 enfants de
moins de cinq ans ¯ chiffre
comparable à celui des victimes du
sida. Grâce à la poursuite de programmes énergiques de lutte contre le
paludisme, le nombre de décès dus à cette maladie a considérablement diminué
dans certains pays, mais des obstacles subsistent dans un grand nombre des pays
les plus pauvres du monde.
La
quatrième réunion du Partenariat mondial pour faire reculer le paludisme, qui se
tiendra à Washington les 18 et 19 avril 2001 à l'invitation de la Banque
mondiale, aura pour objet de mobiliser un appui pour l'exécution de programmes
efficaces au niveau des pays. Elle réunira des autorités sanitaires et
financières de 21 pays d'endémie, des représentants d'ONG, de sociétés, du
secteur privé, de fondations, d'instituts de recherche, de bailleurs de fonds et
d'institutions de l'ONU qui s'efforceront de parvenir à un accord sur les moyens
de renforcer leurs capacités à élargir le champ des programmes de lutte contre
le paludisme en dehors du cadre du secteur public et de celui de la
santé.
« L'initiative pour
faire reculer le paludisme a manifestement produit des résultats extraordinaires
dans de nombreux pays du monde entier, en facilitant l'accès de centaines de
milliers de membres de communautés pauvres à des services de prévention et de
traitement » note le
Dr Gro Harlem Brundtland,
directeur général de l'Organisation mondiale de la santé. « Cependant, il reste beaucoup à faire. J'espère que les organismes
nationaux et internationaux, encouragés par les progrès accomplis, engageront de
nouvelles ressources, qui permettront à des millions de personnes
supplémentaires de bénéficier de l'initiative pour faire reculer le paludisme.
»
Le paludisme, qui fait
un nombre croissant de victimes, réduit à l'impuissance les services de santé
nationaux, perpétue la pauvreté et affaiblit la société, surtout en Afrique
subsaharienne, où surviennent 90 % des cas. Le coût des mesures de prévention et
des traitements absorbe les maigres ressources des ménages, et la maladie
continue d'avoir des répercussions négatives sur la santé des
enfants.
« Le paludisme est
bien plus qu'un problème de santé publique. Dans de nombreux pays, où il
s'attaque aux pauvres et, surtout aux enfants qui sont sans défense, il pose
également un grave danger pour le développement » explique James Wolfensohn, président de la Banque mondiale. «
Nous devons leur fournir ces
défenses. Nous avons constaté en Asie, en Amérique latine et
dans certains pays africains, qu'il est possible de lutter contre le paludisme
lorsqu'on a les outils et les ressources financières
nécessaires.Nous ne devons épargner aucun effort pour
collaborer avec les ONG locales et le secteur privé à la lutte contre ce fléau à
l'échelon local, et avec les gouvernements à la transformation de programmes
locaux en stratégies nationales. »
Les réunions sont l'occasion d'échanger des
données d'expérience sur les efforts déployés pour étendre la portée des
partenariats forgés en vue d'atteindre l'objectif de l'initiative pour faire
reculer le paludisme (RBM), à savoir réduire de moitié la charge qu'il
représente d'ici à 2010. Elles permettront aussi d'examiner le rôle des pouvoirs
publics et la contribution que pourraient offrir le secteur privé et les ONG à
la formation de meilleurs partenariats pour replacer les programmes
anti-paludéens dans un cadre plus vaste que celui de la santé publique. Les
participants aborderont également les problèmes que leur posent la mobilisation
et l'utilisation efficace des ressources extérieures, ainsi que les
opportunités, offertes par le biais des stratégies nationales de réduction de la
pauvreté et l'Initiative PPTE renforcée, d'accroître la portée des programmes de
lutte contre le paludisme qui ont donné de bons résultats.
L'initiative RBM a été lancée conjointement par la
Banque mondiale, l'OMS, l'UNICEF et le PNUD en novembre 1998 à New York pour
répondre aux préoccupations des chefs d'État de plus de 30 pays d'endémie et
s'attaquer aux problèmes particuliers auxquels sont confrontées les communautés
pauvres de ces pays.
La RBM
est placée sous la direction de David Alnwick qui a assumé ses fonctions de chef
de projet en janvier 2001, après avoir, pendant trois ans, dirigé la Section
Santé de la Division des programmes aux bureaux de l'UNICEF à New York.
L'initiative RBM n'est pas un mécanisme de financement ; elle a pour objet de
fournir un appui aux pays, par le biais de partenariats mondiaux, pour leur
assurer un accès aux informations, aux technologies et aux ressources
financières requises pour réduire la charge que constitue le paludisme.
Trois
Exemples
Azerbaïdjan : partenariat entre le secteur public et le secteur
privé
Le bond alarmant du
nombre de cas de paludisme observé en Azerbaïdjan vers le milieu des années 90
est actuellement endigué grâce aux efforts d'un partenariat public-privé forgé
en 1998 par le Partenariat mondial pour faire reculer le
paludisme.
La première année,
le programme de lutte contre le paludisme, financé par une société
multinationale privée et bénéficiant de l'appui d'une organisation
internationale et autres institutions de l'ONU, a contribué à réduire de plus de
moitié le nombre de cas de paludisme.
Éthiopie : participation des
communautés
Dans la région du
Tigré, au nord de l'Éthiopie, où moins de la moitié de la population vit trop
loin d'un centre de santé pour pouvoir s'y rendre aisément, plus d'un
demi-million de paludéens sont soignés chaque année par un réseau de quelque 700
agents sanitaires bénévoles.
Des
mères sont recrutées pour enseigner à d'autres mères comment diagnostiquer et
soigner un cas de paludisme à domicile. Ce système a permis de réduire de 40 %
le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans. Le taux de mortalité
observé pour les enfants de villages non couverts par ce programme reste élevé.
Cambodge : un pays
déterminé
Plus de la moitié des
Cambodgiens vivent dans des régions vallonnées, ou travaillent dans des forêts
où le paludisme est endémique. Le taux de prévalence de cette maladie dépasse 50
% pour les enfants des villages des collines.
Le programme national de lutte contre le paludisme
rassemble différents partenaires, dont la Fédération internationale de la Croix
Rouge, la Commission européenne et l'OMS, pour lutter contre les flambées
épidémiques dans les zones rurales du pays. La détermination du Cambodge à
lutter contre le paludisme a permis de sensiblement réduire le nombre de cas
observé chaque année.
Pour de plus amples informations sur
l'initiative pour faire reculer le paludisme, rendez vous sur le site web
: www.rbm.who.int/ Pour de plus amples informations sur la Banque mondiale,
rendez-vous à : www.worldbank.org Pour de plus amples informations sur l'Organisation
mondiale de la santé, rendez-vous à : www.WHO.int Pour de plus amples informations sur l'UNICEF,
rendez-vous à : www.UNICEF.org Pour de plus amples informations sur le PNUD, rendez-vous
à : www.UNDP.org